Solastalgia

(2022 travail en cours, diptyques argentiques / images satellites ESA)


On nous le dit et le répète. Mais l'entendons-nous vraiment ? Notre système se fissure. Son architecture est sur le point de rompre. De COP en rapports du GIEC, les scientifiques alertent sur l’état global de notre planète, le dérèglement climatique, la chute de la biodiversité, la dégradation du sol, les pollutions et l’épuisement des ressources. Pourtant, ces questions fondamentales ne sont toujours pas la préoccupation principale de nos dirigeants. Or, sans volonté politique, les solutions proposées par les experts internationaux ne peuvent être mises en œuvre. Devant la destruction de notre environnement, nos réactions sont plurielles ; détresse, colère, tristesse, déni. La santé de la Terre impacte notre santé mentale, et inversement. Les obstacles qui nous séparent d’une réelle prise en main de notre avenir paraissent des murs infranchissables, et pourtant ils sont fissiles.


Exploration du concept de solastalgie, ce travail rapproche formellement deux échelles de perception. La première est subjective. J’ai photographié la projection de mes propres angoisses environnementales sur des murs en ruine qui pourraient être ceux de nos maisons, rejouent dans l’espace domestique le paradigme de la terre malade et matérialisent la complexité de notre rapport aux enjeux environnementaux. À ces « visions » j’adosse des vues objectives, détails d’images satellites alimentant Copernicus, programme de l’UE pour l’observation et la surveillance de la Terre (ESA).

Blanchiment des coraux, Grande Barrière, Australie.


Augmentation de la température moyenne de la surface des océans et acidification de l’eau augmentent le phénomène de blanchiment des coraux. Les inondations, de plus en plus fréquentes, drainent jusqu’aux récifs des sédiments pollués aux engrais. Tout un réservoir de biodiversité s’en trouve menacé.

Queensland floods (image modifiée pour montage) © ESA CC BY-SA 3.O IGO

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Blanchiment des coraux, Grande Barrière, Australie.


Augmentation de la température moyenne de la surface des océans et acidification de l’eau augmentent le phénomène de blanchiment des coraux. Les inondations, de plus en plus fréquentes, drainent jusqu’aux récifs des sédiments pollués aux engrais. Tout un réservoir de biodiversité s’en trouve menacé.

Queensland floods (image modifiée pour montage) © ESA CC BY-SA 3.O IGO

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Fonte des glaciers, péninsule antarctique, avril 2014.


Les glaciers de l’Antarctique se morcellent et leur fonte s’accélère, faisant peser la menace de l’élévation du niveau des océans à plus ou moins long terme selon les scénarios retenus.

Antarctica Peninsula from Sentinel-1A (image modifiée pour montage) © ESA CC BY-SA 3.O IGO

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Fonte des glaciers, péninsule antarctique, avril 2014.


Les glaciers de l’Antarctique se morcellent et leur fonte s’accélère, faisant peser la menace de l’élévation du niveau des océans à plus ou moins long terme selon les scénarios retenus.

Antarctica Peninsula from Sentinel-1A (image modifiée pour montage) © ESA CC BY-SA 3.O IGO

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Solastalgie : n.f néologisme construit sur l’anglais « Solace » dérivé du latin solacium signifiant « consolation, réconfort » et « algie », suffixe emprunté à « nostalgie » et se traduisant par « douleur » en français.


Concept forgé en 2003 et théorisé en 2007 par Glenn Albrecht dans « Solastalgia : The Distress Caused by Environmental Change », Australian Psychiatry. Le philosophe de l’environnement a tenté de décrire le sentiment de profonde détresse que nous pouvons ressentir face au spectacle imposé de la dégradation de la nature et la prise de conscience de l’irréversibilité de nos actes. La solastalgie renvoie à la douleur de perdre son refuge, son lieu de réconfort. En 2019, le philosophe français Baptiste Morizot étend ce concept à notre condition face aux métamorphoses dues au changement climatique. Il décrit la solastalgie comme un « mal du pays sans exil ».


2022

  • Festival Fictions Documentaires #6, exposition personnelle à la Maison des Mémoires, Carcassonne (15 nov. - 17 dec. 2022)
  • Prix Archifoto - projection en expo. coll. à la Halle Verrière, Meisenthal (19 Nov. - 23 déc. 2022) // à La Chambre, Strasbourg (22 sept.- 13 nov. 2022) 
  • Prix Dahinden / Photoclimat (shortlist)

Désertification, Lybie. 


En Libye, seul 6% du territoire est propice à l’agriculture. Le pays, traversé par le Sahara, ne peut se reposer ni sur les masses ou cours d’eau, ni sur les pluies extrêmement rares. Pour créer des parcelles agricoles, l’eau fossile est puisée dans le sous-sol profond pour alimenter un système d’irrigation radial.

Libya’s Al Jawf oasis  © ESA CC BY-SA 3.O IGO

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Désertification, Lybie. 


En Libye, seul 6% du territoire est propice à l’agriculture. Le pays, traversé par le Sahara, ne peut se reposer ni sur les masses ou cours d’eau, ni sur les pluies extrêmement rares. Pour créer des parcelles agricoles, l’eau fossile est puisée dans le sous-sol profond pour alimenter un système d’irrigation radial.

Libya’s Al Jawf oasis  © ESA CC BY-SA 3.O IGO

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Exposition à la Maison des Mémoires de Carcassonne, dans le cadre du festival Fictions Documentaires #6 (15.11 au 17.12.22)

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Exposition à la Maison des Mémoires de Carcassonne, dans le cadre du festival Fictions Documentaires #6 (15.11 au 17.12.22)

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Amplification arctique, Groenland, 2008. 


L’Arctique se réchauffe environ deux à trois fois plus vite que le reste du globe, entraînant la réduction des espaces de vie de certaines espèces et modifiant les conditions météorologiques pour favoriser les événements météorologiques extrêmes.

Canadian Arctic and Greenland as seen by Envisat (image modifiée pour montage) © ESA CC BY-SA 3.O IGO

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Amplification arctique, Groenland, 2008. 


L’Arctique se réchauffe environ deux à trois fois plus vite que le reste du globe, entraînant la réduction des espaces de vie de certaines espèces et modifiant les conditions météorologiques pour favoriser les événements météorologiques extrêmes.

Canadian Arctic and Greenland as seen by Envisat (image modifiée pour montage) © ESA CC BY-SA 3.O IGO

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Exposition à la Maison des Mémoires de Carcassonne, dans le cadre du festival Fictions Documentaires #6 (15.11 au 17.12.22) crédit photo JYP

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Exposition à la Maison des Mémoires de Carcassonne, dans le cadre du festival Fictions Documentaires #6 (15.11 au 17.12.22) crédit photo JYP

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Méga-feux, Australie, déc. 2019.


Sécheresses précoces et vents violents sont des conditions favorisant les méga-feux. Ils impactent la biodiversité, la santé (pollution aux particules fines) et renforcent les effets du changement climatique.

Smoke and flames in Australia (image modifiée pour montage) © ESA CC BY-SA 3.O IGO

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Méga-feux, Australie, déc. 2019.


Sécheresses précoces et vents violents sont des conditions favorisant les méga-feux. Ils impactent la biodiversité, la santé (pollution aux particules fines) et renforcent les effets du changement climatique.

Smoke and flames in Australia (image modifiée pour montage) © ESA CC BY-SA 3.O IGO

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Exposition à la Maison des Mémoires de Carcassonne, dans le cadre du festival Fictions Documentaires #6 (15.11 au 17.12.22) crédit photo JYP

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Exposition à la Maison des Mémoires de Carcassonne, dans le cadre du festival Fictions Documentaires #6 (15.11 au 17.12.22) crédit photo JYP

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